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jeudi 28 juillet 2016



L’argument boomerang  

(english translation below)


L’image ci-dessus est très utilisée en ce moment sur Twitter.

Pour les non anglophones je traduis :
« C’est par moi-même que je suis devenu très riche »
Bloomberg évalue la richesse nette de Trump à 2,9 Mds$ … Si Trump s’était contenté de mettre l’argent de son père dans des fonds de pension investissant dans les Standard & Poors 500 et passé son temps à peindre avec le doigt, il aurait 8 Mds$

Pris au premier degré et utilisé dans ce but sur Twitter par des anti_Trump, c’est « Quel gros nul! » .

Le problème survient quand on lit attentivement la citation et qu’on réfléchit un peu. En effet, ce texte dit « si vous choisissez la rente vous gagnerez plus que si vous êtes entrepreneur et que vous donnez du travail au gens » . Donc on a ici le résumé de ce qu’est le système néolibéral actuel où l’entrepreneur a disparu au profit du financier et de l’actionnaire rentier. Si le capital est indispensable à l’économie, il ne doit en être qu’un élément moteur ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Je serais Trump, je retournerais donc l’argument en disant « Vous voyez, la finance se moque de moi car j’ai créé des emplois. Ce faisant, j’ai créé de la richesse pour la communauté et non pas capté celle-ci à mon seul profit. »

Voilà comme on produit un effet boomerang où l’on renforce son adversaire au lieu de l’affaiblir.

Je précise pour ceux qui ne lisent pas habituellement mon blog que Trump n’est évidemment pas ma tasse de thé et que je suis plus proche de Bernie Sanders.








The boomerang argument


The image above is used a lot nowadays on Twitter.

Taken litterally and used for this purpose on Twitter by anti-Trump people, it means « Trump is such a loser ".

The problem arises when you read carefully the citation and think about it. As a matter of fact , it says "if you choose financial revenues, you will gain more than if you are an entrepreneur and give work to the people." So we have here a summary of what the current neoliberal system is. A system where the entrepreneur has disappeared in favor of the financial and share holder. If the capital is essential to the economy, it should be a driving force which is no longer the case.

I'd Trump, so I would turn back the argument against my adversaries by saying, "See, finance makes fun of me because I have created jobs. In doing so, I have created wealth for the community and not picked it to my own benefit. "

That is how we produced a boomerang effect where one strengthens his opponent instead of weakening it.

Just for those who do not usually read my blog : Trump is obviously not my cup of tea and I am closer to Bernie Sanders.

dimanche 29 mai 2016


 

Le temps des sophistes est revenu


Il y a plusieurs façons de vivre les évènements qui nous entourent. La première est de simplement subir en regardant les informations à la télé et passant rapidement à #theVoice ou #CDOJ. C’est confortable et cela ne demande pas beaucoup d’énergie. La seconde est de participer aux évènements en en étant un acteur comme participant à #nuitdebout ou en manifestant contre la loi El Khomery. Ce n’est souvent pas confortable et cela demande beaucoup d’énergie surtout physique.

Il y a une troisième voie qui est celle de la réflexion pour essayer de comprendre ce qui se passe, avoir une vue d’ensemble et prévoir, trouver la meilleure solution à une problématique et chercher à la faire partager. Paradoxalement, c’est la voie qui va demander le plus d’effort intellectuel car c’est la plus compliquée. Comme l'a écrit Oswald Wirth "Ne pas penser, c'est consentir à être dominé, conduit, dirigé et traité trop souvent en bête de somme".
Or, suivant le principe de moindre action, l’humain préfère le confort du conformisme intellectuel que de s’interroger sur le monde qui l’entoure. Comme le dit Charles Peguy « Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. « 
J’ai du déjà écrire qu’un de mes films préférés de Woody Allen est « Whatever works ». Le personnage principal est le seul à savoir qu’il est dans un film et qu’il y a des spectateurs qui le regardent. Il est aussi le seul à avoir la « big picture » c’est-à-dire une vision globale de ce qu’est l’humanité et la société.

Dans ce registre, pour moi, aujourd’hui, nous sommes revenus au temps des sophistes.
« Le sophisme ne constitue pas une école de pensée, mais un modèle de raisonnement basé essentiellement sur l'éloquence afin de séduire la masse et ce dans le but d'œuvrer pour le bien d'une minorité ou de faire passer un message qui ne correspond pas à la réalité (intentionnellement ou non) «
A la lecture de cette définition, on peut voir que l’on y est. On parle plus facilement des « éléments de langage » que du fond des actions des politiques. Le discours n’existe plus que pour se positionner sur un sujet et, à l’instar de la novlangue, l’action est souvent complètement déconnectée de la réalité. La dernière illustration est la position du gouvernement socialiste en apparence contre le TAFTA et, notamment, les tribunaux d’exceptions où une multinationale pourrait attaquer une décision d’un état, et l’action des représentants français au niveau de l’Europe pour en créer. Il est à noter qu’ils ne sont pas à leur coup d’essai car ils ont fait le coup pour l’instauration d’une taxe sur les transactions financières où, en France, ils dirent être pour et firent tout pour la torpiller à l’Europe.
Suivant les préceptes de Protagoras, leader des sophistes et auteur de la maxime « À chacun sa vérité « , les politiques pensent que le discours fait l’être et que n’importe quel discours peut donner une existence à un être. L’action et la chose n’ont plus raison d’être en dehors du discours puisque « l'homme est la mesure de toutes choses » . D’où la guerre des égos et la multiplications des candidats qui rivalisent de médiocrité. En revanche, ils ont dû lire « L’art d’avoir toujours raison » de Schopenhauer qui explique ce qu’on appelle la dialectique éristique qui est l’art de l’emporter sur l’adversaire en s’intéressant plus au discours qu’à la réalité.
La caricature reste les économistes et notamment le « Nobel » d’économie qui explique que ce qu’il dit ce n’est pas lui mais la science. Ce qu’il oublie c’est que la base de la science c’est son caractère réfutable. Donc, dans la mesure où il explique que ces propos sont irréfutables, il explique en fait que l’économie n’est pas une science mais une pseudo-science à l’instar de l’astrologie. Il est ironique que c’est le très libéral Frédéric Bastiat (1801-1850) qui a inventé le terme de « sophisme économique » .  A relire ne serait-ce que pour retrouver les arguments des économistes « modernes » actuels sur la nécessité de supprimer la Sécurité Sociale.

Les sophistes ne se contentent pas d’avoir de beaux discours mais ils utilisent à foison les sophismes. Voyons en quelques uns :
- argumentum ad hominem : à bout d’arguments, on attaque son adversaire sur sa personne sans rapport avec l’objet « vous, amoureux des dictatures populaires sud-américaines, …. »
- argumentum ad sequentiam : « si vous ne votez pas pour un candidat socialiste cela sera encore pire »
- argumentum ad populum : c’est « la majorité a toujours raison »
- reductio ad hitlerum : « Mélenchon utilise les mêmes arguments que Marine Le Pen »
- ….
On pourrait multiplier les exemples à l’infini.

Tout ce qui précède illustre la remarque entendu souvent « ils sont coupés de la réalité ». C’est normal puisque le discours a remplacé la réalité.

Peut-on combattre les sophistes ? La réponse est oui si on suit les préceptes de Socrate.
On n’a généralement retenu du philosophe que sa mort où il a bu la cigüe. Bien que son procès portait sur un athéisme supposé, il est certain que c’est sa méthode permettant de démasquer les impostures derrière les discours qui est la vrai origine de sa condamnation à mort. Pour l’utiliser souvent, j’ai pu assister à des explosions de colères de contradicteurs mis devant leurs contradictions et littéralement mis à nu. L’humain déteste que l’on devine ses vrais motivations. 
Il est à noter que les sophistes faisaient payer très cher l’enseignement de leur art alors que Socrate enseignait quasiment gratuitement ce qui aggravait son cas. Schopenhauer écrit d’ailleurs que la dialectique éristique n’existe que parce qu’il y a de la malhonnêteté, de la vanité, l’obstination dans l’erreur. Cela ne vous dit rien ?
La base de la méthode est la réfutation en utilisant l’ironie socratique. Cela consiste à poser des questions pour faire émerger l’aporie c’est-à-dire l’impossibilité de donner une réponse dans un sens ou dans un autre. On laisse son interlocuteur exprimer sa thèse de laquelle on va établir des prémisses. On va utiliser ces prémisses pour montrer qu’elles conduisent à une thèse contraire à celle exprimée au premier chef. Donc on montre que le raisonnement apparemment juste comporte en lui-même sa propre contradiction. Dans le cas des politiques ou des « gens importants », c’est insupportable.  D’autant plus que les discours sont, normalement, porteurs de valeurs donc, si le raisonnement est biaisé on peut légitimement se poser la question de savoir si l’orateur est sincère ou pas.

Je suis pour l'introspection individuelle à l'instar de la libre pensée où l'on doit constamment s'interroger sur ses raisonnements afin de vérifier s'ils sont en accord avec ses valeurs. « Platon pour Socrate  « Celui qui sait ce qui est bien fera aussi le bien » : pour lui une vision juste conduit à une action juste. Agissent mal ceux qui sont dans l’erreur. La faculté de discerner entre le bien et le mal se trouve dans la raison de l’homme, et non dans la société comme le pensent les sophistes." 

Le problème est qu’utiliser la méthode socratique demande un peu de temps et beaucoup d’énergie intellectuelle. Il faut accepter de « perdre » du temps sur le temps télé. Mais c’est le seul moyen de ne pas être dupe de ce qui nous entoure et surtout d’un discours au service des intérêts de la classe dominante.

Addendum 1/8/2016
Sur le sujet, on peut citer Jean-Jacques Rousseau qui pensait que l'homme était bon naturellement et que c'est la société qui pervertit l'homme. De même Hannah Arendt affirme que le Mal provient de l'absence de réflexion et donc la bêtise mais que l'homme est bon de base. Autant sur la première assertion, je suis tout à fait d'accord, autant sur l'homme bon dans le fond je suis en opposition. En effet, ne pas réfléchir, c'est ne pas dépenser de l'énergie sachant que le cerveau est le plus gros consommateur d'énergie du corps humain. Donc, suivant le principe de moindre action de Maupertuis, la tendance naturelle de l'homme est donc de penser au minimum donc à être mauvais. Ce n'est pas un hasard s'il ne suffit que de supprimer des règles à suivre pour voir apparaître les pires bassesses que cela soit dans la sphère économique ou sociétale. C'est pourquoi aussi que la plus grande partie de l'humanité a besoin d'idéologie (religieuse, politique, économique, ...) pour ne pas avoir à penser par elle-même.  J'ai déjà dû écrire dans un précédent article, que les "valeurs de gauche" demandait plus de réflexion que les "valeurs de droite" ce qui explique la tendance naturelle des peuples à pencher à droite.   Quand Socrate dit  « Celui qui sait ce qui est bien...". Le "sait" se rapporte non pas à la simple connaissance ("je sais que cel existe", "je connais la loi") mais au savoir c'est-à-dire l'intégration de la connaissance en ressort de la pensée et de l'action. C'est pourquoi cela demande un travail sans relâche demandant beaucoup d'énergie.


Pour aller plus loin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Aporie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Protagoras
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Socrate
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dialectique_%C3%A9ristique
http://www.systerofnight.net/religion/html/platon.html
 

mardi 1 mars 2016




Le travail, c'est la santé



Dans la cacophonie actuelle, la propagande de la classe supérieure et le mélange des signifiants, il est bon d’essayer de se repérer au travers d’écrits dont les auteurs sont manifestement d’une intelligence supérieure. Je vais donc parler aujourd’hui d’une de ces figures qui éclairent la réflexion d’un siècle : Bertrand Russell.

Je connaissais Russell comme le mathématicien et logicien. C’est lui qui a notamment énoncé ce qu’on appelle le Paradoxe de Russel : l ‘ensemble des ensembles n’appartenant pas eux-même appartient-il à lui-même? Cela était très important dans la définition de l’infini en acte par Cantor.
Ce paradoxe est plus connu du grand public sous le nom du Paradoxe du barbier : le barbier ne rase que ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes. Qui rase le barbier?

Au-delà de son activité scientifique, Russell était un philosophe de première ordre qui obtiendra le prix Nobel de littérature en 1950. Toutefois, ce qui m’intéresse aujourd’hui est un petit livre peu connu paru en 1932: « L’éloge de l’oisiveté ».

En résumé :
- la « valeur travail » est utilisée par la classe privilégiée qui soupçonne les classes pauvres de tomber dans l’oisiveté et la dépravation si elles ne travaillent pas et qui est une forme d’oppression
- la production industrielle est suffisante pour nourrir l’humanité.

En faisant un zoom plus important, je m’arrêterai sur l’allégorie de la fabrique d’épingles.
La première version vient du dieu des néolibéraux, Adam Smith  qui, dans « Richesse des nations »  fait éloge de la division du travail qui permet de produire plus avec moins de personnes en utilisant l’exemple d’une fabrique d’épingles

La version de Bertrand Russel est différente :
« Prenons un exemple. Supposons qu’à un moment donné, un certain nombre de personnes sont embauchées dans une manufacture d’épingles. Elles font autant d’épingles qu’il en faut dans le monde entier, en travaillant, disons, huit heures par jour. Quelqu’un met au point un moyen de faire deux fois plus d’épingles avec le même nombre d’hommes. Mais les épingles sont déjà si bon marché que l’on pourrait difficilement en baisser le prix. Dans un monde sensé, toute personne impliquée dans la fabrication d’épingles choisirait de travailler quatre heures au lieu de huit, et tout irait comme avant. Mais dans le monde réel, cela serait perçu comme démoralisant pour les travailleurs. Les hommes travaillent donc toujours huit heures, il y a trop d’épingles, des employeurs font faillite, et la moitié des ouvriers perdent leur emploi. Au bout du compte, la quantité totale de loisir dans ce cas est la même que dans l’autre, sauf que la moitié des hommes sont complètement oisifs, tandis que les autres sont encore surchargés de travail. Dans cette perspective, il est certain que ce loisir subi sera partout cause de misère au lieu d’être une source de bonheur universelle. Que peut-on imaginer de plus absurde ? «

Précision.
Lors d'un diner avec un chef d'entreprise de PME, à la question "Bien évidemment les gens sont payés moitié moins cher?" j'ai bêtement répondu "oui". Au contraire, bien évidemment les ouvriers gardent le même salaire PUISQUE le chiffre d'affaire ne change pas et il n'y a aucune raison de changer les prix. Ma réponse automatique montre que le venin de la logique néolibérale est bien ancrée dans notre réflexion. Et le système est logique lorsqu'il garde les 8h00 car l'idée est, si on ajuste le salaire au temps de travail de 4H on va avoir un gain de productivité que l'on fera bénéficier en partie au consommateur par une légère baisse des prix et, se faisant, augmentant la marge donc les profits.

On ne peut s’empêcher de remarquer le parallèle entre ce qui est relaté ici et la situation des agriculteurs français. Face à une surproduction basée sur une concurrence déloyale, la réponse des politiques et néolibéraux : « vous êtes trop petits et vous devez produire plus pour baisser vos coûts  de revient ». Voilà une assertion qui ne peut que faire rire une personne ayant un minimum de réflexion logique mais qui mène les agriculteurs au désespoir. Au passage, les normes, sous couvert de protection des consommateurs ou de la nature, n’existent que pour protéger les gros et éliminer les petits. Exemple : les fromages au lait cru que l’industrie a essayé de faire disparaitre car soit disant dangereux pour la santé alors que les cas de listérioses n’apparaissent que dans l’industrie du pasteurisé. A mon avis, il va y avoir des normes bientôt sur le bio pour empêcher le développement de cette agriculture et à permettre Monsanto à vendre ses pesticides.

Il reste que cette allégorie donne un coup de projecteur sur ce qui se passe actuellement et de la nécessité de repenser les bases de l’organisation de la société ou, comme on dit de nos jours, « changer de logiciel ». Ce qui est intéressant c’est que ce texte date de 1932 et est toujours d’actualité n’en déplaise à notre licencié en histoire de Premier Ministre.

A ce propos, je vais donner un petit cours d’arithmétique du niveau 5ème à icelui pour montrer de façon simple que certaines mesures du projet de loi El Khomri ne créeront aucun emploi, bien au contraire.

Prenons les heures supplémentaires qui passeraient (après accord d’entreprise - mort de rire-) de 25% à 10%.
Imaginons une entreprise dont les salariés sont payés 10€/h.
Une semaine de 35 h coûte 350€
Le coût d’une heure supplémentaire à 25% = 1,25€
Si on divise le coût semaine par le coût heure supplémentaire : 350/12,5= 28 . Cela veut dire qu’à partir de 28h supplémentaires il devient intéressant d’embaucher une personne car on payerait alors le même montant (350) mais pour quelqu’un travaillant 35h.
On fait la même opération avec un surcoût de 10% : 350/11= 32 . On est proche d’un plein temps et donc le surcoût est dans les 3h manquantes qui ne vont pas inciter à embaucher quelqu’un.
C’est un raisonnement simpliste mais que nos intelligences supérieures (du moins qui le croient) n’ont pas été capables de faire.

Pour conclure sur l’allégorie de la fabrique d’épingles; dire que les gens ne travaillent pas assez est un non sens illogique qui ne produit au final que de la misère. Il n’est même pas sûr que ceux qui profèrent cette énormité n’aient jamais lu Russel où même un livre qui ne parle pas de finance.
J’ai l’habitude d’écrire que le monde est aujourd’hui divisé en hors-crise et dans-la-crise. Ce n’est pas nouveau comme analyse :
"La société est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dîners que d’appétit, et ceux qui ont plus d’appétit que de dîners."
Sébastien-Roch-Nicolas, dit CHAMFORT (1741-1794)
Comme quoi, tous ceux qui disent qu’ils sont dans la modernité ne font que reproduire les mêmes causes pour les mêmes conséquences.

Samedi émission "Permis de penser" sur France Inter http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1244935
Antoine Lyon-Caen : "Cette loi est comme si, pour donner des cheveux à des chauves, on rase tous ceux qui ont des cheveux"

Bertrand Russel: https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Russell
L’éloge de l’oisiveté: https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89loge_de_l'oisivet%C3%A9
Texte entier : https://parachrematistique.wordpress.com/2013/03/20/eloge-de-loisivete-par-bertrand-russell-24/

Fabrique d’épingle  Adam Smith : http://antisophiste.blogspot.fr/2013/03/adam-smith-et-la-manufacture-depingles.html

samedi 23 janvier 2016







"Je ne suis qu'un inutile"



Quand je suis allé acheter l’ouvrage, je ne me souvenais plus du titre précisément et je demandais « L’homme invisible ». Inconsciemment, mon cerveau avait fait l’amalgame entre l’inutilité et l’invisibilité. J’aurais pu demander « l’homme invincible » ou « L’homme indestructible »; mais non, c’est l’invisible qui m’est venu spontanément à l’esprit. Cela montre que, pour moi et je pense de nombreuses personnes, l’inutilité de l’individu entraîne son invisibilité. Dans certains cas, il pourra même avoir une visibilité mais les gens ne voudront pas les voir et leur conférera une invisibilité virtuelle. Exemple les SDF. Pierre-Noël Giraud d’ailleurs fait rejoindre les 2 concepts à la fin de son introduction : « L’homme inutile est une réalité encore très largement invisible pour l’économie et la politique »

Pour l’auteur la définition de l’homme inutile est celle de l’inutilité aux autres et à soi dans une vision économique. Je résume et caricature un peu (mais pas beaucoup) : l’homme inutile n’est pas un « bon consommateur » c’est-à-dire quelqu’un qui gagne assez d’argent pour alimenter l’économie. Tous les individus qui sont un « coût » pour les autres que cela soit par une aide publique ou privée sont des « inutiles » (Wauquiez sort de ce corps). Les working poor et tous ceux qui ne consomment pas assez sont des « inutiles ». Au passage j’ai découvert que j’en faisais partie.
Dans l’épisode 12 du Prisonnier il y a une scène ou un barbu vient se confesser en répétant « Je suis un inutile ». La version originale utilise « inadequate » donc inadapté. Là encore on peut penser que l’homme inutile n’est pas adapté au système en action. https://www.youtube.com/watch?v=Ged045qQxoY

Il faut noter que l’auteur attend le 5ème chapitre avant de donner sa définition. Le début de l’ouvrage n’est qu’un discours pro domo sur l’importance et l’utilité des économistes. Il fait souvent un parallèle avec la physique et, à mon sens, il devrait la laisser là où elle est. De même pour les mathématiques quand il parle d’évolution qui n’est pas linéaire confondant la linéarité qui est existante puisqu’il manipule des données à caractère continu dans le temps et le fait que la forme de la courbe est chaotique.

Il pose rapidement un cadre analytique et conclu que toutes les théories économiques se basent sur certains éléments dont la rationalité du consommateur. Et c’est là que commence nos désaccords. Toute personne qui a travaillé dans le marketing, la publicité ou la communication sait que les consommateurs achètent un produit puis rationalisent leur achat ensuite. J’avais, dans une première vie professionnelle, résumé cela sous le nom de « paradoxe de l’implication » : plus un achat est impliquant (c’est-à-dire important en terme budgétaire ou choix financier comme l’achat d’une maison), plus les ressorts du choix sont irrationnels.
Si le consommateur est un être purement rationnel il n’existerait pas de phénomène de surendettement.

Des éléments que l’on entend beaucoup de nos jours et qui tendent à devenir des classiques : on ne connaîtra pas de pénurie de pétrole et l’humain est tellement intelligent qu’il sera capable de venir à bout de tout problème. C’est là qu’il devrait faire un petit peu plus de physique plutôt que de s’y référer. Nous sommes dans un monde fini, l’énergie à notre disposition n’est pas extensible et il n’existe pas d’énergie véritablement renouvelable.  Pressurer le citron atteint ses limites quand il ne reste plus que l’écorce. Les propos sont renforcés quand un peu plus loin il y a un chapitre sur l’illusion de la croissance verte.

Enfin, l’auteur décrit le futur du travailleur comme une suite de CDD avec des changements de statuts par passage de l’état salarié en auto entrepreneur puis retour au salariat avec des plages de congé sabbatique choisie. Bien entendu, par ce biais, il entend que tout le monde va devenir membre de l’élite mondialiste qui fait un métier intellectuel qui lui rapporte suffisamment pour vivre cette belle utopie. C’est ce qui d’ailleurs est décrit par Christophe Guilluy dans son livre « La France périphérique » où les élites recommande la mobilité car ils sont eux-mêmes mobiles sans s’apercevoir que pour le vulgum pecus il est très difficile de bouger. J’ai entendu ce type de propos sur France Inter par Benoit Thieulin qui décrivait aussi un futur fait de changement de statut. Le problème est, qu’en dehors de l’oligarchie néolibérale, l’homme « normal » a besoin de stabilité pour ne serait-ce que faire des projets à moyen ou long terme et que ce n’est pas en mettant en place une instabilité (qu’on peut définir aussi comme précarité) permanente que l’on va sortir les gens des trappes d’inutilité. Comme le veut l’adage « On a toujours assez de courage pour supporter la douleur des autres ».

Pour conclusion, on peut se demander si un tel livre est utile, que sa lecture elle-même a une utilité et que le choix d’acheter ce livre a été utile et pertinent en tant que consommateur rationneL.

L’homme inutile vous salue .  




vendredi 16 octobre 2015







Démystifier la doxa néolibérale




« La croissance c’est la prospérité » Voilà le genre d’assertion qui est fausse depuis le début des années 2000

Si vous prenez d’un côté l’évolution du PIB et l’évolution du nombre de pauvres (chiffre INSEE bien entendu)
Il y a une corrélation entre l’augmentation du nombre de pauvre et l’augmentation du PIB
En résumé +1 Mds de PIB = + 2000 pauvres.

Là où les politiques, les prêtres économiques et leur relais peuvent manipuler les chiffres, les mathématiques ne trichent pas. C’est d’ailleurs pourquoi les « économistes » qui appuient leurs thèses idéologiques de mathématiques n’aiment pas les mathématiciens.

Ceux qui traitent les pauvres d’assistés sont dans l’erreur car une augmentation de richesse serait automatiquement captée par les pauvres et leur nombre devrait diminuer. Or c’est le contraire qui se produit. Donc la richesse supplémentaire est captée par les plus riches et, comme chacun d’entre nous ne voit pas d’augmentation, il ne peux donc s’agir que vraiment les plus riches.

Ceci est le résumé d’un article de Daniel Justens dans l’excellent Magazine « Tangente ». Certes c’est un magazine sur les mathématiques mais il permet de décoder les bêtises que le discours néolibéral déverse depuis 30 ans. Dans le même numéro on trouve un petit texte sur Bertrand Russel, un des plus grand philosophe et « logicien » du XXème siècle. On lui doit notamment les paradoxes de Russel dont le plus connu est celui du barbier : il rase tous ceux et uniquement ceux qui ne se rasent pas eux-mêmes. Qui rase le barbier ? En gros il reprend la métaphore de l’usine d’épingle d’Adam Smith mais explique pourquoi contre toute logique le système capitalisme la mène à sa perte. Ecrit en 1935, l’histoire est toujours d’actualité.

Je profite pour remettre le lien sur la séance de 1840 sur la loi sur le travail des enfants http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1146105
L’écoute ne dure qu’une demi heure pendant laquelle vous entendrez quasiment mot pour mot les arguments des néolibéraux d’aujourd’hui. Ceux qui, à la moindre critique, vous jette à la figure que le monde à changé, que vous avez de vieilles idées, ont les mêmes propos que ceux de 1840. Quand on pense que leur prophète (Adam Smith) a écrit leur Bible (La richesse des Nations) en 1750, on peut leur renvoyer le caractère quasi moyenâgeux de leur idéologie. 


Sources :
http://www.poleditions.com/pole/publications.php?collection=Tangente
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Russell
Loi de 1841 http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/loi_22_mars_1841-2.pdf

samedi 19 septembre 2015







Comment répondre 



La dernière sortie de Macron sur les fonctionnaires (inadéquats, statut pas justifiable) n’est que le reflet de la tactique de l’oligarchie en place. La stratégie est de monter les gens du peuple les uns contre les autres. Pour cela, ils utilisent les concepts comme assistanat, fraude aux aides sociales, surveillance renforcée pour les chômeurs, statuts privilégiés, ….

L’idée directrice est que le vulgus pecum regarde celui qui est proche de lui avec un regard envieux et ne regarde pas ce qui se passe plus haut. Ce n’est pas nouveau et c’est la vieille méthode du « diviser pour mieux régner ». Et cela fonctionne malgré la possibilité d’avoir des informations qui contredisent les propos comme les 50% de bénéficiaires potentiels du RSA qui ne le demandent pas.

Je me suis trouvé plusieurs fois un peu démuni pour répondre à ses propos démagogiques et, à part les 80 Mds de fraude fiscale qui ne disent pas grand chose au grand public, il est difficile de faire comprendre à son interlocuteur que de regarder la gamelle du voisin n’arrangera pas sa situation.

Aujourd’hui le magazine Marianne me donne des éléments de réponses dans son numéro 960.
Dans le cadre d’un article intitulé « France, ton industrie fout le camp » un bandeau donne la liste de tous ces dirigeants talentueux qui, après avoir échoué, partent avec des indemnités coquettes.
J’ai donc décidé de la recopier et, dorénavant, à toute personne qui déclarera que les classes moyennes payent pour les autres ou que les immigrés ne viennent que pour les allocations, je lui fournirait cette liste qui, dans le magazine, est intitulée « Fossoyeurs et vrais gloutons » et écrit par Emmanuel Levy

2001 : Pierre Blayau, Moulinex, PDG du groupe d’électroménager pendant plus de 3 ans, cet énarque est à quelque mois du dépôt de bilan et empoche 2 millions €
2002 : Jean-Marie Messier, Vivendi. Après avoir été le choucou du Cac 40 et des médias, J2M chute, laisse une société au bord du gouffre, mais réclame en vain les 20,5 M€ qu’il s’était préparés pour son départ.
2002 ; Noël Forgeard, EADS. Poussé vers la sortie par sa mauvaise gestion et les affaires (délit d’initié, Clearstream, etc.) cet X-Mines atterit avec 8,5M€
2003 : Pierre Bilger, Alstom. Le PDG laisse un groupe proche de la faillite et contraint l’Etat d’intervenir. En contrepartie de son feu vert, Bruxelles impose des cessions. Bilger empoche 4,1 M€
2003 : Philipple Jaffré, Elf. A l’issue d’une bataille boursière, le groupe pétrolier tombe dans les mains de Total. Elf a perdu. Pas Jaffré: il s’en va avec 19 M€.
2003 : Jean-Pierre Tirouflet, Rhodia. (je l’ai eu comme prof d’éco à l’ISG où il nous obligeait à acheter son bouquin. A l’époque je lui avait dit que ce n’était pas de l’éco qu’il faisait. NdA). En 5 ans, l’énarque accumule les échecs stratégiques et conduit le groupe chimique au démantèlement. Tirouflet s’en sort avec une formule à 2,1 M€ plus 5,3 M€ de retraite chapeau (à 53 ans)
2003 : Jean-Pierre Rodier, Pechiney. Son grand oeuvre : avoir mené le rachat du fleuron français par le canadien Alcan. A la clé, 2,6 M€ pour services rendus à la patrie.
2003 : Frank Dangeard, Thomson multimédia. Il laise un groupe tout juste vivotant, mais se voit attribuer 2,3 M€
2005 : Serge Tchuruk, Alcatel. L’inventeur du concept d’ »industrie sans usines » conduit le groupe à un bilan sans profits et donc sans perspectives. Il mène le rapprochement avec  l’américain Lucent. Son échec lui vaut d’être remercié à hauteur de 5,7 M€
2008 : Patricia Russo, Alcatel. Le groupe fusionné avec Lucent perd 1,1 Mds€ et procède à 12 500 licenciements. En partant, la DG native du New Jersey encaisse 6 M€
2009 : Thierry Morin, Valéo. Pour son bilan (licenciement de 4000 personnes et 287M€ de pertes), il est gratifié de 3,2 M€ (il renoncera à la moitié en 2011)
2012 : Frank Esser, SFR. Mal préparé à l’arrivée de Free, l’opérateur perd des parts de marché, et licencie à tour de bras. Son PDG raccroche avec 3,9 M€
2013 : Ben Verwaayen, Alcatel. Les directeurs se succèdent et encaissent, mais la plongée aux enfers continue. Verwaayen gouverne 5 ans et part avec 4,8 M€
2013 : Philippe Varin, Peugeot. 21 M€ sous la forme d’une retraite chapeau (5 ans dans l’entreprise). En difficulté, le constructeur doit se tourner vers l’Etat et se rapprocher du chinois Donfeng.
2015 : Bruno Lafont, Lafarge, le PDG cède aux sirènes helvètes d’Holcim et part avec 5,9 M€. (en fait, la société n’était pas bien depuis plus de 3 ans NdA)
2015 : Michel Combes, Alcatel. Il a introduit Nokia dans la maison. Son départ avec 12M suscite la polémique.

Ce que l’on peut retenir de cette liste c’est que les « intelligences supérieures » ont surtout du talent pour négocier leur contrat. A ceux qui disent « si on ne les paye pas bien, ils s’en iront », je réponds « c’est dommage qu’ils ne l’aient pas fait ».
On voit aussi souvent revenir le nom d’Alcatel. Pour les salariés du centre de Nantes qui vient de fermer cela doit faire vraiment plaisir.

Si, à la lecture édifiante de cette liste, votre interlocuteur persiste dans ses propos populistes, il ne reste plus qu’à lui dire « Tu es trop con et tu mérites ce qui t’arrive ».

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jeudi 23 juillet 2015




La guerre a commencé 

(translation below)


C’est une guerre qui est déclarée aujourd’hui. Elle n’est pas visible. Il n’y a pas de soldats ou de victimes ensanglantées (quoique). Elle est globale et mondiale. Nul n’est à l’abri car elle touche notre quotidien. Sa logique ira jusqu’au bout et certains qui pensent qu’ils seront épargnés ne le seront pas.

L’ennemi est partout et s’appelle l’oligarchie néolibérale. Une fois qu’on l’a désignée, il faut essayer de savoir qui en fait partie car elle avance masquée. Elle ne correspond pas à la grille de lecture habituelle et il est parfois difficile de la débusquer.

L’oligarchie néolibérale est-elle de gauche ou de droite ? La réponse est qu’elle est ni de gauche ni de droite. Les clivages politiques traditionnels ne s’appliquent plus. Ainsi Sarkozy peut déclarer qu’il faut en finir avec le programme du Conseil National de la Résistance et c’est Hollande qui met en place cette politique en « réformant » les allocations familiales. J’avoue que sur ce point j’étais tombé dans le panneau en applaudissant cette mesure de « justice sociale » avant de lire un éditorial d’Eric Conan dans Marianne. Je pense qu’en France le positionnement de la majorité des politiques vient moins de valeurs et convictions que d’opportunisme et de place à prendre. Un Valls est entré au PS car il n’y avait pas de place au mieux au Modem, au pire à l’UMP. Un récent vote en Angleterre sur un « programme de bénéfice » a été voté par le Labour à l’exception d’une quarantaine de députés « frondeurs ».

L’oligarque néolibéral (ONL) est-il nécessairement riche et s’oppose-t’il aux pauvres? Bien que la réponse évidente semble être oui, la bonne reste non. Exemple: un footballeur qui touche 15 M€ de revenu par an n’est pas un ONL, un élu d’une commune moyenne à 5 000€/mois peut en être un. Le patron d’une grosse PME qui se ballade en Porsche Cayenne n’en fait pas partie quand un responsable d’établissement publique dilapidant l’argent en frais de taxi ou de conseil en stratégie en est une illustration frappante.

Y-a-t’il des métiers spécifiques où l’on retrouve l’ONL ? Au-delà des gouvernants politiques (et encore) et des capitaines d’industrie, il y a de nombreux individus ayant un pouvoir dominant qui influencent la marche de notre sociétés. En effet, même si le premier réflexe est de classer certains journalistes du côté des « collabos », il ne faut pas oublier le rôle  des média dans leurs capacités à « faire passer le message » néolibéral depuis une trentaine d’année suscitant des réactions pavloviennes dans la population sur certains sujets. Jusqu’à présent la méthode était plutôt « douce ». Aujourd’hui on est passé à la grosse artillerie et la propagande la plus grossière comme associer systématiquement Melenchon/Front National ou dire que des néo-nazis sont au gouvernement Tsipras. Le gros bataillon reste le haut fonctionnaire, qu’il soit dans un ministère ou dans une institution européenne. Des personnes non élues façonnent des politiques économiques  au nom d’une prétendue compétence qui est souvent mise à mal quand on se penche dessus.

Comment reconnaitre un ONL ? D’abord par le vocabulaire employé qui pour une grand part est utilisé pour disqualifier le contradicteur. J’ai bien écrit discréditer car l’ONL n’essaie pas d’argumenter (peut-on argumenter sur des oukases?) pour convaincre mais cherche à disqualifier le contradicteur mais pas ses propos. En vrac on trouve les mots et expressions : populisme, propos convenus, idées du passé, ne travaille pas assez, payer le juste prix (opposé à solidarité financière), … Il faut tout de même distinguer le vrais ONL avec le valet atteint du syndrome du larbin. Celui-là se caractérise par sa propension à plaindre ses propres oppresseurs. Il y a surtout ce manque de connaissance historique comme si l’Histoire renfermait les ferments de leur chute (et c’est le cas). C’est pourquoi, ils cherchent à tout prix de ramener le débat au présent et au court terme.

Dans mon dernier billet, j’étais en colère. Aujourd’hui je suis sidéré. Sidéré par l’amorphisme ambiant. Certes c’est un néologisme mais tous les synonymes d’amorphe n’ont pas la totalité des caractéristiques du mot. Au-delà de la définition avec le « a » privatif et « morphe » la forme, il y a plus que le « sans forme ». Il y a beaucoup de notions méconnues comme le caractère « torpide » de l’amorphe. Torpide venant de torpeur comme stupide vient de stupeur, je vois des gens qui ne réagissent pas devant le plus simple signe que la société est au main d'une minorité qui s'appuit sur la non réaction de la population. La masse a toujours été amorphe mais ce qui caractérise notre époque c’est que cette stupeur a gagné les classes qui sont sensés avoir un minimum de réflexion. Que n’entendons-pas comme « Moi, l’économie je n’y comprends rien. Je m’en remets aux économistes », « je suis crevé en rentrant du boulot, ce n’est pas pour me prendre la tête ».

Comment ne pas voir que le temps de l’Inquisition est revenu. Les prêtres néolibéraux règnent sur l’Europe et veulent nous imposer leur vision de la société à la manière des représentants de n’importe quelle religion. L’exemple de la Grèce est marquant mais il y a beaucoup de « petits » faits qui montrent que, maintenant, l’objectif n’est plus le triomphe du néolibéralisme mais de verrouiller le pouvoir et faire taire la contestation. Car c’est le propre de tout système qui devient impérial d’abuser de son pouvoir pour se maintenir. Jusqu’à présent, l’histoire a montré qu’il échoue à tous coups.


Que me font, que me sont ces hommes ? la plupart déjà marqués — troupeau aboulique, fourmis absurdes dans la fourmilière bousculée, et pour lesquels je n’ai ni ombre de pitié, ni sympathie. — (Julien Gracq, Manuscrits de guerre)  


The war has begun

It is a war that is declared today. It is not visible. There are no bloodied soldiers or victims  (though). It is global and worldly spread. No one is immune because it affects our daily lives. His logic will go through its system and those who think they will be spared will not.

The enemy is everywhere and is called the neoliberal oligarchy (NLO). Once it has been identified, we have to try to find out which forms it takes because it advance with a mask. It does not correspond to the usual reading grid of the society and it is sometimes difficult to unmasked.

Is the neoliberal oligarchy from left or right? The answer is that it is neither left nor right. The traditional political divisions no longer apply. Thus Sarkozy may declare that it must end the program of the National Council of the Resistance and this is Holland, which sets up this policy by "reforming" family allowances. I admit that on this point I had fallen into the trap by applauding this measure of "social justice" before reading an editorial by Eric Conan in Marianne. I think that in France the position of the majority of politicians comes less conviction than opportunism and place to take. Valls joined the PS because there was no room at the left side of politics. A recent poll in England on a "benefit program" was voted by Labour with the exception of forty deputies "slingers".

Is the neo-liberal oligarch (NLO) necessarily rich and opposed to the poor? Although the obvious answer seems to be "yes", the good one is still "no". Example: a footballer earning € 15 million income per year is not an NLO, a mayor of a middle-sized town with € 5000 / month can be one. The boss of a middle-sized company that ride Porsche Cayenne does not belong to when a public institution responsible for squandering money by taxi expenses or expenses in advisory fee strategy is a striking illustration. 

Are there any in specific occupations where we find the NLO? Beyond the political rulers (and moreover) and captains of industry, there are many individuals with a dominant power that influence the progress of our societies. Even if the first reflex is to classify some journalists on the side of "collaborators", one must not forget the role of the media in their ability to "pass the neoliberal message" these past thirty years. Results are the raising of Pavlovian reactions in the population on certain subjects. So far the method was rather 'soft'. Today we went to the big guns and the crudest propaganda as systematically lump together Melenchon / National Front or writing that neo-Nazis are in Tsipras government. The big battalion remains the senior officials, whether in a department or in a European institution. Unelected people shaping economic policy on behalf of knowledge that is often alleged but undermined when we look through.

How to recognize a NLO? First, through vocabulary used. This is mainly used to disqualify the opponent. I'm well writing "discredit" because the NLO is not trying to argue (can we argue about edicts or beliefs?) to convince but seeks to disqualify the opponent instead of his arguments.  Some words and phrases are their favorite: populism, ideas of the past, not working hard enough, pay the right price (as opposed to financial solidarity) ... He must still distinguish the true NLO with valet plagued by "the stooge syndrom". This one is characterized by its propensity to feel sorry for his own oppressors. One of their lacuna is the lack of historical knowledge as if history contained the seeds of their downfall (and it is). Therefore, they seek at all costs to bring the discussion back to the present and to short term range.  

In my last post, I was angry. Today I am flabbergasted. Stunned by ambient amorphousness. Certainly it is a new word but all amorphous synonyms does not have all of the characteristics of the word. Beyond the definition with the "a" without  and "morph" the form, there is more than "formlessness". There are many notions unknown as the "torpid" nature of the amorphous. Torpid comes from torpor (drowsiness) just as stupid comes from stupor. I see people who do not respond to the simplest sign that our society is in the hand of minority which take advantage of the lethargy of the population. 
The mass was always amorphous, but what characterizes our time is that this stupor gain on classes that are supposed to have a minimum of reflection. What do I hear is "For me, economy is not understandable. I leave it to the economists "," I'm exhausted back from work, I won't complicate myself on these subject and rather relax watching TV. "

How can we not see that the time of the Inquisition is back. Neoliberal priests rule over Europe and want to impose their vision of society like the representatives of any religion. The example of Greece is striking but there are many "small" facts showing that, now, the aim is not the triumph of neoliberalism but to keep the power and silence dissent. For it is characteristic of any system that becomes imperial to abuse his power in order to maintain itself. So far, history has shown that it fails every time.